L'AURICULOTHÉRAPIE : À LA CROISÉE DES TRADITIONS CHINOISES ET OCCIDENTALES

14/09/2026

L'auriculothérapie est une technique encore méconnue et véhiculant de nombreuses représentations erronées. Elle trouve ses racines dans les classiques de la médecine chinoise mais aussi dans les pratiques médicales occidentales très anciennes, et peut être un précieux allié pour notre santé et notre bien-être.

Un peu d'histoire…

Nous trouvons les premières références à une correspondance entre des régions de l'oreille et des régions du corps, dans le plus ancien ouvrage écrit de médecine traditionnelle chinoise, le « Huangdi Nei Jing » ou « classique interne de l'Empereur Jaune », écrit et compilé entre les années 500 ans av. JC et 220 après JC.

En Grèce, les travaux d'Hippocrate font référence à ses observations de la pratique des saignées de l'oreille dans les années 400 avant JC.

En France, nous trouvons dans la littérature dès 1811, des traces de traitement par cautérisation d'une partie de l'oreille dans le cas de douleurs dentaires.

Mais c'est le Docteur Paul Nogier, médecin lyonnais, qui est reconnu comme le père de l'auriculothérapie en France. Celui-ci s'était déjà intéressé à la médecine chinoise et à la médecine manuelle, et estimait que le symptôme et la maladie sont avant tout l'expression d'un mauvais fonctionnement de l'organisme qu'il s'agit de comprendre.

En 1951 il reçoit un patient qui présente une petite cicatrice rouge sur l'oreille. Celui-ci lui raconte avoir été soigné avec succès par cautérisation, par une guérisseuse marseillaise Madame Barrin, pour des douleurs de sciatique persistantes. Intrigué, le Docteur Nogier s'intéresse à cette technique et se met lui-même à l'utiliser avec des résultats concluants.

C'est ainsi que progressivement, il commencera à repérer les différentes zones de l'oreille correspondant à différentes zones du corps. Il formalisera finalement une représentation de tout le corps humain sur l'oreille, et constatera que le point correspondant à une zone du corps est douloureux lorsque cette partie du corps est elle-même douloureuse.

Il poursuit ses recherches et affine ses cartographies de façon très précise jusqu'en 1963, les enrichissant de points électriquement détectables et indolores.

En poursuivant ses recherches, il utilisera ensuite des ondes électromagnétiques de différentes fréquences et perfectionnera sa pratique. Praticien en cabinet médical, il avançait dans sa recherche de façon empirique, au gré des résultats observés chez tel ou tel patient. Mais cela ne lui permettait pas de prouver les résultats de ses hypothèses par des études incontestables.

Face à ce constat, la recherche s'est emparée de la question, et des anatomistes, des spécialistes de médecine fonctionnelle, des neurophysiologistes, des histologistes se mirent à étudier l'oreille en essayant de comprendre comment une stimulation auriculaire peut entraîner une réponse médicinale.

En France, c'est en 1976 que l'auriculothérapie est découverte par le grand public, dans la fameuse émission radiophonique de Jack Chancel « radioscopie ». L'invité, élève de Paul Nogier, le docteur René Kovacs, médecin d'origine algéroise, exerce alors en Espagne, il explique durant plus de 45 minutes le fonctionnement de l'auriculothérapie. Cette émission a eu un retentissement immense.

À partir des années 60, les Chinois eux-mêmes utilisent la cartographie de Nogier, qu'ils enrichissent d'autres points, et organisent une plus grande diffusion de la méthode en Chine. Sa propagation sera exceptionnelle alors que l'Europe connaîtra un développement plus lent.

Enfin l'OMS adopte une nomenclature de 361 points d'acupuncture utilisés en médecine chinoise en 1989, puis standardise et répertorie 43 points auriculaires en 1990.

Plus récemment, en 2016, l'armée américaine a investi plusieurs millions de dollars, afin de promouvoir l'auriculothérapie au sein des services de santé et d'organiser l'enseignement de cette technique, notamment dans le traitement de stress post-traumatiques.

Aujourd'hui, les travaux de recherche sur l'auriculothérapie se poursuivent, notamment pour "démontrer" l'existence physique des points d'oreille appelés aujourd'hui « complexes neuro-vasculaires »., ou encore l'intervention de ces points dans la thermorégulation du corps.

L'auriculothérapie pour quelles indications ?

Les champs d'action de l'auriculothérapie sont très nombreux. Mais l'utilisation de cette technique doit toujours venir en complément d'un diagnostic préalable plus large afin de s'assurer de ne pas traiter un symptôme en masquant une cause plus grave.

L'auriculothérapie permet d'obtenir des résultats très intéressants dans de nombreux cas de figure. Pour n'en citer que quelques-uns :

-insomnie,

-addiction,

-anxiété,

-migraines,

-troubles du sommeil,

-douleurs diverses,

-fibromyalgie,

-surpoids,

-acouphènes,

-syndrome pré-menstruel,

-troubles de la péri-ménopause et ménopause,

-troubles de la libido,

-fatigue et nausées suite à des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie,

-stress post traumatiques.

Il est toutefois important de rappeler qu'une douleur est un signal d'alarme envoyé par notre organisme. Ainsi, une douleur abdominale peut être signe d'une appendicite, une douleur à l'épaule peut être un signe avant-coureur d'un problème cardiaque ou pulmonaire. Il ne s'agit donc pas d'utiliser l'auriculothérapie comme moyen « aveugle » de soulagement de la douleur, sans diagnostic préalable et nécessaire.

Comment se déroule une séance d'auriculothérapie ?

Après un temps d'échange et d'entretien afin de mieux comprendre votre besoin et les raisons de la consultation, le praticien va observer vos oreilles, en palper certaines zones. L'observation de l'oreille permet déjà de recueillir de précieuses informations. En effet, la forme, la couleur, l'implantation, les sillons de l'oreille peuvent être significatifs. Les différences morphologiques entre l'oreille droite et l'oreille gauche, les zones de coloration, dépigmentations, inflammations, seront également prises en compte.

À la palpation, la consistance du cartilage, plus ou moins mou ou dur, sera également pris en compte, ainsi que la présence de zones douloureuses.

Ces éléments d'observation viennent ainsi compléter un examen clinique plus large, et peuvent participer à une démarche de diagnostic. Ce n'est qu'ensuite que peut commencer la recherche de points de moindre résistance cutanée, de points douloureux, ou encore de points électriquement perturbés.

Suite à cet examen, un protocole est envisagé, comprenant l'association de plusieurs points à stimuler sur le pavillon de l'oreille, de façon bilatérale ou unilatérale.

La séance même de stimulation des points auriculaires peut durer en moyenne entre 20 et 35 minutes selon les situations.

Plusieurs séances sont souvent nécessaires, allant de 2 séances à une dizaine en fonction des symptômes et difficultés de chacun. Les séances peuvent être espacées de 10 jours à un mois, là encore en fonction du traitement nécessaire.

Selon la situation et le praticien, différents outils pourront être utilisés tels que des aiguilles comme en acupuncture, des aiguilles semi-permanents qui restent quelques jours sur l'oreille, la stimulation électrique, des graines de vaccaria (graines issues de la plante de vaccaria, ou saponaire des vaches, de la famille des Caryophyllaceae), le massage, la cautérisation ou encore la stimulation au laser froid.

Une consultation en auriculothérapie ne se substitue en aucun cas à l'avis d'un médecin ou de tout autre professionnel de santé, ni à aucun diagnostic ni traitement médical.

Cet article ne prétend pas représenter un travail exhaustif, mais vise à offrir des éléments de compréhensions en s'appuyant sur des éléments théoriques ainsi que sur ma propre expérience pratique.

Vous souhaitez en apprendre davantage et bénéficier d'une consultation en auriculothérapie, contactez-moi : laureluccioni@larbre-sens.com / 07 81 06 10 31

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